Raoul Gillmann a su accompagner le développement de l’action caritative de la Fédération de Charité tout au long de cette période de forte mutation économique et sociale afin que notre mouvement d’action catholique puisse y répondre au mieux. Nous pouvons notamment saluer cette conviction que le combat contre la pauvreté se joue au plus proche de ceux qui la vivent en les reconnaissant eux-mêmes comme les acteurs de leur propre développement humain. Cette conviction tellement nouvelle est aujourd’hui largement partagée. Ainsi va Caritas Alsace, se construisant des orientations et contributions de chacun, depuis celles du fondateur, monseigneur Paul Muller-Simonis, jusqu’aux réformes conduites par son actuel président, le chanoine François Geissler, dont la persévérance et la foi en l’avenir de la Fédération s’inscrivent dans cette tradition. Partie prenante de la diaconie du diocèse de Strasbourg et placé sous la responsabilité pastorale de son archevêque, l’engagement dans l’activité de la Fédération de Charité témoigne également d’une fidélité à l’Église. C’est dans cet esprit, avec vous tous, acteurs de la Fédération de Charité - Caritas Alsace et en toute modestie que j’ai reçu le témoin de délégué diocésain. Bien conscient de l’immensité de la tâche, je compte d’abord et avant tout sur notre union et votre soutien.
En effet, notre force demeurera demain comme depuis l’origine de nos œuvres diocésaines, l’engagement au quotidien de nombreux bénévoles tant sur le terrain qu’au sein d’un réseau structuré, depuis les équipes locales jusqu’au conseil d’administration. Cette force est immédiatement soutenue et amplifiée par la générosité des donateurs, qui permettent d’apporter les moyens matériels et humains nécessaires. Mais aucun de ces moyens d’action, aucune bonne volonté, aucune ressource, ne saurait masquer ce qui est premier, à la fois source et objectif du réseau alsacien du Secours Catholique et de Caritas à travers le monde : tout individu fait partie de la même famille humaine !
En 2011, nous pouvons dire que le XXIe siècle semble s’affirmer comme celui de la mondialisation. Alors n’hésitons plus ! Le temps est venu d’œuvrer sur les trottoirs d’Alsace comme sur le terrain de l’action internationale. Car nous pouvons bien le nommer fraternité, solidarité, amour du prochain ou Caritas, tant qu’il vivra des uns et des autres, au milieu de nous, il n’y aura plus ni exclus ni rejetés, il y aura de plus en plus de frères ne pouvant se résigner à la pauvreté !
Si « nous ne sommes pas une organisation de la charité mais la charité organisée », notre rapport d’activité ne peut être qu’un paradoxe : la photographie figée d’une Caritas Alsace - Réseau Secours Catholique dont la raison d’être est le mouvement permanent… Pour tenter l’exercice, nous avons choisi de ne vous présenter aujourd’hui que la synthèse d’un rapport d’activité de 110 pages actuellement à l’impression. Nous ne retiendrons pour cette Assemblée générale que quelques points : le visage de la pauvreté en Alsace tel que le dessinent nos travaux statistiques des situations rencontrées, l’organisation que nous avons retenue pour y répondre et enfin nous aborderons sans complaisance, nos avancées et nos limites, pôle d’activité par pôle d’activité restant volontairement à l’échelle diocésaine. Nous vous laisserons découvrir notre analyse par territoire d’animation dans le document qui vous parviendra dans les prochaines semaines. Mais déjà notre travail est dépassé car au terme du 1e semestre de 2011, le Réseau Secours Catholique n’est déjà plus tout à fait le même qu’en décembre 2010 ; c’est bien là notre vérité, Caritas se doit d’être en mouvement, toujours là où « l’amour du Christ nous pousse ».